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Prix du leadership en matière d’engagement des patients Frank Gavin 2025

Soumettez vos nominations!

Les membres ainsi que les non-membres du Réseau BRILLEnfant sont éligibles! 

Le Réseau BRILLEnfant est fier d’annoncer la quatrième édition des Prix du leadership en matière d’engagement des patients Frank Gavin. Ces prix reconnaissent le leadership exceptionnel des partenaires ayant de l’expérience vécue (PEV) dans la recherche pédiatrique sur les troubles du développement d’origine cérébrale au Canada. Établis en 2021, les prix ont été nommés en l’honneur de Frank Gavin, notre ancien Directeur de l’engagement, pour ses contributions vitales à la croissance impressionnante du réseau en tant qu’entité de la SRAP.

Pour cette quatrième édition, nous accorderons un prix à deux PEV : 1) à un·e jeune ou un·e ancien·ne patient·e pédiatrique touché·e par un trouble du développement d’origine cérébrale et 2) à un parent, un·e proche aidant·e ou un membre de la famille d’un·e jeune touché·e par un trouble du développement d’origine cérébrale. 

Connaissez-vous un PEV qui possède une grande expérience de participation à des activités de recherche axée sur le patient, ainsi que des antécédents de leadership en matière d’engagement dans la recherche? Souhaitez-vous proposer votre propre nom? Nous acceptons les nominations à partir d’aujourd’hui! 

La date limite pour nous faire parvenir une nomination est le 21 mars 2025 

Nous vous invitons à visiter notre site web pour plus de détails, y compris les exigences et la procédure à suivre. Les candidatures sont ouvertes au public. Les membres ainsi que les non-membres du Réseau BRILLEnfant sont invités à poser leur candidature!

Bonne chance!

Le Réseau pour la santé du cerveau des enfants et le Réseau BRILLEnfant s’unissent pour renforcer l’engagement des jeunes dans la recherche 

Le Réseau BRILLEnfant et le Réseau pour la santé du cerveau des enfants font équipe pour favoriser l’engagement des jeunes dans la recherche sur les troubles du développement d’origine cérébrale! 

Ce partenariat, qui a pris effet en janvier 2025, permettra aux équipes de projets et aux chercheuses et chercheurs financés par le Réseau pour la santé du cerveau des enfants d’améliorer leurs initiatives de recherche et de politiques dans le cadre de consultations avec le Comité national des jeunes porte-paroles (CNJPP) du Réseau BRILLEnfant. À leur tour, de jeunes partenaires de recherche du Réseau BRILLEnfant mèneront des consultations enrichissantes et établiront de précieuses collaborations pour créer des occasions utiles d’acquérir des compétences et de l’expérience, et de réseauter.

 

En quoi consiste le CNJPP du Réseau BRILLEnfant?

Le Réseau BRILLEnfant, situé à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, est un réseau pancanadien de recherche axée sur le patient (RAP). Fondé en 2016, son but est d’améliorer la qualité de vie des enfants et des jeunes ayant des troubles du développement d’origine cérébrale et celle de leurs familles. Dans le cadre de son mandat, le Réseau BRILLEnfant a établi des partenariats authentiques et enrichissants avec de jeunes partenaires de recherche. Comme membres de notre CNJPP, ces personnes jouent un rôle essentiel dans de nombreux domaines de recherche du réseau. Elles aident à élaborer des protocoles de recherche et des stratégies de recrutement de participantes et participants, elles examinent des publications et y contribuent, et elles participent à des activités de science de la mise en œuvre et de mobilisation des connaissances.

Plusieurs membres du CNJPP à la conférence 2023 du Réseau BRILLEnfant.

Le CNJPP est maintenant bien établi et ses membres, un groupe dévoué de jeunes partenaires de recherche de partout au Canada, y participent activement. Ces jeunes personnes vivent avec différents troubles du développement d’origine cérébrale et problèmes de santé dans leur province, et elles sont déterminées à appuyer la recherche sur les handicaps.

« Ce partenariat entre le Réseau pour la santé du cerveau des enfants et le Réseau BRILLEnfant ouvrira les portes de la collaboration et du réseautage pour l’ensemble des membres du CNJPP et au sein des réseaux respectifs. Mais surtout, ce partenariat jouera un important rôle dans la pérennisation des deux réseaux et nous permettra de rester fidèles à notre objectif commun, qui est de faire avancer le domaine de la recherche axée sur le patient et de préserver l’engagement des jeunes pendant encore des années », a indiqué Logan Wong, coprésident du CNJPP.

« Nous sommes très enthousiastes de collaborer avec le Réseau pour la santé du cerveau des enfants. Ce sera une excellente occasion pour ce comité de jeunes de faire entendre la voix de ses membres au sujet de la recherche axée sur le patient au Canada », a ajouté Hans Dupuis, coprésident.


Le Réseau pour la santé du cerveau des enfants et le Réseau BRILLEnfant : s’appuyer sur les réalisations

Le Réseau pour la santé du cerveau des enfants est un réseau pancanadien qui assure la diffusion, l’évolution et la mise en œuvre de solutions éprouvées pour les enfants vivant avec des troubles neurodéveloppementaux et leurs familles. Depuis 2009, le Réseau pour la santé du cerveau des enfants a établi des partenariats avec des communautés, des industries, des gouvernements et des organismes sans but lucratif pour améliorer la détection précoce de troubles neurodéveloppementaux, rendre des interventions et des traitements plus efficaces, et offrir un meilleur soutien aux familles. Le Réseau pour la santé du cerveau des enfants souscrit à la vision selon laquelle l’ensemble des enfants doivent avoir une bonne qualité de vie, être intégrés à tous les aspects de la société et pouvoir réaliser pleinement leur potentiel.

 « Le partenariat avec le Réseau BRILLEnfant par l’intermédiaire du CNJPP est une grande étape qui nous permet de nous assurer que l’on consulte des jeunes dans le cadre de projets de recherche qui les touchent directement, a mentionné Jennifer Zwicker, scientifique en chef du Réseau pour la santé du cerveau des enfants. Le Réseau pour la santé du cerveau des enfants s’est tourné vers la mise en œuvre de solutions éprouvées pour les enfants et les jeunes vivant avec des troubles neurodéveloppementaux, et il est important que nous collaborions étroitement avec le CNJPP dans cette mission. »

Le Réseau pour la santé du cerveau des enfants et le Réseau BRILLEnfant ont fait leurs preuves au chapitre de l’engagement des jeunes et de la collaboration avec les jeunes. En 2022, trois membres du CNJPP ont fait une présentation sur l’engagement des jeunes dans la recherche dans le cadre d’une conversation dirigée par le comité de formation de la recherche pour la défense des politiques du Réseau pour la santé du cerveau des enfants. Les membres ont présenté des stratégies générales d’engagement, des exemples pratiques de mesures d’accessibilité et d’adaptation, ainsi que des conseils et des ressources utiles lorsque vient le temps de travailler avec des jeunes. En 2023, une personne membre du CNJPP a participé comme panéliste au groupe sur l’engagement des jeunes pour les stagiaires du Réseau pour la santé du cerveau des enfants afin d’y présenter ses expériences en recherche.

 

Pourquoi accroître l’engagement des jeunes dans la recherche axée sur le patient?

Le Réseau BRILLEnfant et le Réseau pour la santé du cerveau des enfants reconnaissent la valeur des points de vue des jeunes dans l’élaboration de travaux de recherche et de politiques efficaces.

« Il est essentiel de faire participer des enfants et des jeunes qui vivent avec des troubles d’origine cérébrale pour que nous puissions garantir la pertinence de la recherche sur les handicaps chez les enfants et en accroître les retombées. »
— Jenny Gilbert, directrice de l’engagement du Réseau BRILLEnfant

 « Il est essentiel de faire participer des enfants et des jeunes qui vivent avec des troubles d’origine cérébrale pour que nous puissions garantir la pertinence de la recherche sur les handicaps chez les enfants et en accroître les retombées, a insisté Jenny Gilbert, directrice de l’engagement du Réseau BRILLEnfant. Les enfants et les jeunes fournissent des renseignements uniques qui peuvent mener à l’élaboration de solutions de soins de santé plus efficaces et personnalisées. Leurs expériences vécues peuvent aider à combler des lacunes dans la recherche et la pratique actuelles, qui, autrement, seraient ignorées. »

L’engagement des jeunes dans la recherche peut influencer des politiques et des pratiques, ce qui permet de veiller à ce que les systèmes de soins de santé soient plus inclusifs et qu’ils répondent mieux aux besoins des enfants et des jeunes ayant des troubles du développement d’origine cérébrale et à ceux de leurs familles. On peut ainsi en arriver à faire des changements systémiques qui profitent autant aux personnes qu’à la communauté élargie.

De manière générale, le partenariat permettra de mener à des recherches et à des politiques plus efficaces et inclusives qui visent à améliorer la qualité des soins de santé pour les enfants et les jeunes ayant des troubles du développement d’origine cérébrale.

Le Comité national des jeunes porte-paroles accueille trois nouveaux membres

Le Comité national des jeunes porte-paroles (CNJPP) conseille les responsables des projets financés par le Réseau BRILLEnfant quant à l’optimisation des activités d’engagement des jeunes. Formé de jeunes Canadiennes et Canadiens qui vivent avec des troubles du développement d’origine cérébrale, ce comité est à la disposition du Réseau BRILLEnfant pour orienter le développement de la recherche, l’élaboration de questions et la diffusion des résultats, et bien plus encore.

Nous sommes ravis de vous présenter les trois nouveaux membres du CNJPP : Keenan Brignall, Kat Jeremiah et Phoenix Lowe. Lisez la suite pour en savoir plus sur eux !

Rencontrez nos nouveaux membres du CNJPP :

KEENAN BRIGNALL

Photo de Keenan Brignall

Keenan est une personne autiste de Calgary, en Alberta. Il est passionné de cinéma et est actuellement inscrit en production cinématographique et vidéo au Southern Alberta Institute of Technology (SAIT).

Keenan aime l’histoire et la science-fiction, en particulier les histoires impliquant des robots. Il s’intéresse également à l’aviation militaire et rêve de réaliser un jour un film sur ce sujet. Il est passionné par la musique et la production sonore.


Kat Jeremiah

Photo de Kat Jeremiah

Kat est originaire de Timmins, en Ontario, et est fièrement membre de la Première Nation crie de Missanabie. Kat est atteint.e d'autisme et de trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité.

Kat est passionné.e par la défense des jeunes, la créativité et l’engagement communautaire. Siégeant à plusieurs conseils de jeunesse, dont le CNJPP, iel s'efforce de responsabiliser et de soutenir les jeunes confrontés à des défis similaires. S'intéressant au quilting, à la peinture, à la photographie et à la lecture, Kat apporte une perspective créative et empathique pour sensibiliser, favoriser l'inclusion et créer des changements positifs pour les jeunes et leurs communautés.


PHOENIX LOWE

Photo de Phoenix Lowe

Phoenix est en dernière année du secondaire dans une région rurale du Nouveau-Brunswick. Elle prévoit poursuivre un baccalauréat en travail social à l’automne, dans l’espoir d’étudier l’intersection entre les préjugés en matière de santé mentale et les résultats en matière de santé neurologique.

Phoenix est ravie de rejoindre le CNJPP et de partager ses expériences de vie avec le syndrome de Tourette et d’autres troubles du développement d’origine cérébrale. Elle est ravie de pouvoir aider les chercheuses et les chercheurs à renforcer l’engagement des jeunes.

Souhaitez-vous en savoir plus sur nos jeunes partenaires de recherche et leur mandat ? Apprenez-en davantage, notamment sur la façon dont vous pouvez demander leurs services de consultation pour votre projet de recherche :

En partenariat avec les parents : Brenda Blais

Nous vous présentons notre nouvelle série d’articles de blogue, qui braque les projecteurs sur les précieuses contributions de nos parents partenaires!

Les parents d’enfants ayant des troubles du développement d’origine cérébrale sont essentiels dans notre communauté de partenaires ayant de l’expérience vécue (PEV). Leurs points de vue uniques, à la fois comme parents et usagères et usagers du système de soins de santé, permettent au Réseau BRILLEnfant, en tant que réseau de recherche axée sur le patient (RAP), de poser des questions de recherche importantes, de concevoir des projets qui ont des retombées concrètes et d’améliorer la vie des enfants en situation de handicap et celle de leurs familles.

Aujourd’hui, nous avons l’honneur de vous présenter Brenda Blais, l’une de nos nouvelles parents partenaires du Réseau BRILLEnfant et fière défenseure de la RAP.

Brenda Blais

Parent partenaire, Réseau BRILLEnfant
Membre du réseau depuis 2023

Brenda se passionne pour la recherche sur les handicaps parce qu’elle s’est occupée de proches pendant des années. Elle le dit elle-même, elle est une « proche aidante à vie ».

Pendant sa jeunesse, Brenda a aidé à prendre soin de son frère aîné qui est né atteint d’incapacités physiques et cognitives : « À l’époque, je ne me voyais pas comme une proche aidante. J’étais simplement une sœur qui aidait sa mère à prendre soin de lui. » Plus tard au cours de sa vie, elle a également défendu les intérêts de son père, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, qui, à la suite d’un accident vasculaire cérébral, a subi des changements physiques et cognitifs. « Il résidait à l’extérieur de la province et il était impressionné par ma capacité de défendre ses intérêts à distance, se rappelle-t-elle en souriant. J’ai pu faire en sorte qu’il reçoive toute l’aide dont il avait besoin jusqu’à son décès, il y a huit ans à l’âge de 92 ans. »

Lorsque sa fille Nikki est née, Brenda s’est retrouvée à assumer un rôle de proche aidante qui a pris une toute nouvelle dimension. À sa naissance, Nikki ne respirait pas et le manque d’oxygène a causé de graves lésions irréversibles à son cerveau qui ont entraîné de nombreux handicaps. « Elle n’a jamais pu marcher, parler, ni se nourrir seule, indique Brenda. Mais, elle pouvait communiquer de la plus attachante des façons. Elle était un rayon de soleil et elle était comme un aimant partout où elle allait. » Nikki est rapidement devenue sa plus grande source de motivation et d’inspiration, ainsi que son enseignante la plus importante.

À mesure que sa fille recevait des soins médicaux, Brenda a commencé à voir des occasions de s’impliquer dans des travaux de recherche. Comme elle avait auparavant géré des cabinets de médecins pour des des clinicien·nes et des chercheur·euses, elle s’est rendu compte que son expérience professionnelle et sa connaissance du système de soins de santé faisaient d’elle la partenaire idéale. Brenda était également rassurée de voir un virage vers la RAP. « J’ai espéré que notre expérience vécue aiderait les autres à l’avenir », mentionne-t-elle.

Nikki est décédée il y a deux ans et demi à l’âge de 29 ans. Elle a dépassé son espérance de vie de 15 ans. « Elle a rempli ma vie de sens et de passion, et ça ne changera jamais », a dit Brenda. Selon cette dernière, rester active dans la communauté de recherche est l’une des façons de garder vivante la mémoire de sa fille. En 2023, un parent ayant de l’expérience vécue a aiguillé Brenda vers une étude dirigée par Eyal Cohen au Hospital for Sick Children. Eyal est également co-investigateur principal (co-IP), aux côtés de Julia Orkin, du projet de recherche du Réseau BRILLEnfant, intitulé Analyse et développement d’un rôle adapté de personne pivot pour soutenir les parents durant la transition néonatale (ADAPT). Grâce à Eyal et à Julia, Brenda est devenue une co-IP de ce projet.

Les IPs sont généralement des chercheuses et chercheurs, mais au sein de réseaux de RAP comme le Réseau BRILLEnfant, les PEV occupent de plus en plus de tels postes de leadership. Le fait que des parents partenaires comme Brenda soient au premier plan d'une étude est une étape révolutionnaire dans l’histoire de la RAP!

« “Rien sur nous sans nous”, c’est de ça dont il est question. »
— Brenda Blais, PEV

Le projet ADAPT a mené à d’autres occasions. En octobre, Brenda a pris part au webinaire sur la mobilisation des connaissances et l’engagement (page en anglais seulement) présenté dans le cadre du symposium virtuel 2024 du Réseau BRILLEnfant. Elle contribue également aux réunions à thème trimestrielles du réseau.

Brenda croit fermement en l’importance de la recherche, mais cela ne signifie pas que les travaux sont toujours faciles à effectuer : « Les retards attribuables aux questions éthiques pendant le projet ADAPT ont été frustrants, admet-elle. Je sais que le processus relatif aux questions d’éthique peut être lent et laborieux, mais c’était tout de même un défi. J’ai dû aiguiser ma patience. » Elle a fait remarquer que ces types de retards peuvent être particulièrement décourageants pour les PEV qui connaissent moins bien le processus de recherche.

Brenda a également mentionné que, bien qu’elle soit heureuse que le Réseau BRILLEnfant dispose de lignes directrices pour la rémunération qui sont claires pour les PEV, les parents partenaires de recherche comme elle doivent tout de même assumer le fardeau de soulever la question de la rémunération avec les équipes de recherche. « Il y a un déséquilibre des pouvoirs », explique-t-elle. Toutefois, elle est reconnaissante que des organisations comme le Réseau BRILLEnfant reconnaissent la valeur que les PEV peuvent apporter dans les travaux de recherche.

Brenda s’implique dans le Réseau BRILLEnfant depuis près de deux ans et elle voit déjà les effets de ses travaux. « C’est vraiment génial de voir que mon expérience vécue a permis d’orienter des travaux de recherche de façon à ce que les résultats qui en découlent soient le plus utiles pour les personnes qui en bénéficieront! », affirme-t-elle.

Le dévouement de Brenda à l’égard de la recherche sur les troubles du développement d’origine cérébrale est toujours plus grand. Elle a récemment terminé le cours sur l’engagement des familles dans la recherche, qui est donné à l’Université McMaster, et elle présentera son projet de groupe sur le capacitisme dans la recherche au cours de la conférence EACD & AACD (page en anglais seulement), qui se déroulera en Allemagne en juin prochain. De plus, plusieurs nouvelles occasions se présentent à Brenda cette année, comme la possibilité d’occuper des postes d’enseignement. Elle est également la nouvelle coprésidente du Centre canadien d’excellence pour les aidants, dont l’objectif est de bâtir et de promouvoir un meilleur avenir pour les proches aidantes et proches aidants. « Je continue de faire ce que je fais pour Nikki et en raison de tout ce qu’elle m’a appris », conclut-elle en souriant.

Passer de la stigmatisation à l’expression de l’amour radical pour la santé mentale et les troubles d’origine cérébrale : le récit d’une mère

Rédigé par : Samadhi Mora Severino

Samadhi Mora Severino, parent partenaire de recherche et conseillère pour léquité, la diversité et linclusion du Réseau BRILLEnfant, nous fait part de son expérience comme mère vivant avec un trouble bipolaire, qui soccupe dun enfant atteint dune grave paralysie cérébrale et dun autre aux prises avec un trouble de déficit de lattention avec hyperactivité (TDAH) et un trouble dapprentissage. Des histoires comme celles de Samadhi montrent à quel point les troubles font partie intrinsèque de lexpérience humaine et ne diminuent en rien la valeur ou linfluence dune personne.

Samadhi Mora Severino

Samadhi Mora Severino

Je m’appelle Samadhi. Je suis une immigrante et je vis à Toronto, au Canada. Je suis née au Vénézuéla. Je suis aussi la maman de deux enfants ayant des troubles du développement d’origine cérébrale. Mon fils aîné, Ethan, est âgé de 14 ans et il est atteint d’un TDAH et d’un trouble d’apprentissage, et mon fils cadet, Kian, 12 ans, est atteint d’une grave paralysie cérébrale et d’une déficience intellectuelle. Je m’implique dans le Réseau BRILLEnfant comme parent partenaire de recherche depuis 2016, et plus récemment comme conseillère pour l’équité, la diversité et l’inclusion. Je suis également étudiante au doctorat dans un programme de politiques de santé et d’équité, et je détiens une maîtrise en études critiques sur la situation des personnes handicapées, un diplôme de premier cycle en philosophie (avec spécialisation en bioéthique et en éthique appliquée) et un diplôme de premier cycle en anthropologie (axée sur l’anthropologie médicale [droits des personnes handicapées et santé dans les populations autochtones]).

Je vis également avec un diagnostic de maladie mentale. En 2022, j’ai reçu un diagnostic de trouble bipolaire léger de type 1. Cette maladie fait depuis partie de mon parcours de mère d’enfants ayant des besoins complexes. Vivre avec un diagnostic de maladie mentale tout en élevant des enfants atteints de troubles du développement d’origine cérébrale a été à la fois difficile et stimulant. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre la stigmatisation que vivent souvent les personnes aux prises avec des maladies mentales, comme un trouble bipolaire. Elle a également modelé la façon dont je réalise mes activités de défense des intérêts et nourri ma passion pour la création d’espaces plus inclusifs pour les personnes en situation de handicap, celles qui vivent avec un ou plusieurs diagnostics de santé mentale ou les personnes autochtones, noires ou en quête d’équité.

 

Mes premières fois dans le système de soins de santé mentale

Je suis entrée dans le système de soins de santé mentale pour la première fois en 2020, lorsque j’ai commencé à voir mon incroyable psychiatre. Au Canada, les soins de santé mentale sont complexes et sous-financés (page en anglais seulement), et j’ai connu le système de la Colombie-Britannique et celui de l’Ontario. Je suis extrêmement privilégiée d’avoir accès à un psychiatre, car ce n’est pas tout le monde qui a cette possibilité. Je suis aussi privilégiée parce que mon psychiatre tient compte des traumatismes, il est disposé à apprendre et à désapprendre, et il collabore étroitement avec moi pour veiller à ce que je reçoive les meilleurs soins possible.

En 2022, j’ai reçu un diagnostic de trouble bipolaire léger de type 1, qui est un trouble de l’humeur. Il n’a pas été facile de vivre avec ce trouble. Il y a encore beaucoup de stigmatisation liée à ce type de diagnostic. Avant de recevoir mon diagnostic, je ne savais pas exactement ce qu’était un trouble bipolaire. La première fois que j’ai entendu mon diagnostic, j’ai ressenti de la honte et de l’embarras. Des diagnostics de maladie mentale comme l’anxiété et la dépression sont souvent mieux acceptés par la société, mais l’on démontre moins d’empathie pour d’autres maladies, comme le trouble bipolaire, le trouble de la personnalité limite et la schizophrénie.

Après avoir reçu mon diagnostic, j’ai dû faire le deuil de la personne que j’étais et m’adapter à la personne que j’étais devenue, tout ça en luttant contre ma propre psychophobie intériorisée. (On entend par psychophobie, ou sanisme, les croyances, les gestes ou les politiques discriminatoires qui déshumanisent les personnes ayant reçu des diagnostics de maladie mentale.) Heureusement, j’ai reçu du soutien et de l’amour indéfectibles de ma mère, de mon père et de mes enfants.

Trois ans plus tard, je ne ressens plus de honte lorsque je parle de mon trouble bipolaire. J’ai appris à aimer et à accepter la personne que je suis maintenant avec ce diagnostic. Je repense à tout ce que j’ai accompli : être une maman, une parent partenaire de recherche, une chercheuse en devenir, une conseillère pour l’équité, la diversité et l’inclusion, une amie, une fille, un être humain. Je me rappelle que le fait d’avoir un trouble bipolaire ne me définit pas, que c’est simplement une de mes facettes.


Entrer dans le monde de la parentalité

Ethan pousse Kian, qui est en fauteuil roulant.

Ethan (à gauche) et Kian

En 2009, avant la naissance de mon fils Ethan, notre généticien de famille m’avait dit que, ce qui est le plus difficile lorsqu’on élève un enfant en situation de handicap, c’est la façon dont la société perçoit le handicap ainsi que le manque de services gouvernementaux pour aider les familles. L’échographie d’Etan révélait de petits signes d’appel qui laissaient croire qu’il pouvait être né avec des besoins médicaux complexes ou de graves handicaps, mais ce n’était pas le cas. Il a finalement reçu un diagnostic de TDAH et de trouble d’apprentissage.

Je n’oublierai jamais cette conversation avec notre généticien ou la compassion et l’empathie qu’il éprouvait pour nous. Ce sentiment a refait surface quand mon plus jeune fils, Kian, a reçu un diagnostic de paralysie cérébrale grave le 3 mars 2015. Je me souviendrai toujours de cette journée, car elle marquait aussi le retour des résultats du séquençage génétique de l’exome de Kian, qui ont conduit à l’établissement d’un deuxième diagnostic d’ostéopathie striée avec sclérose crânienne, une maladie génétique qui affecte le développement des os. Celle-ci peut également causer des problèmes neurologiques et une perte de l’ouïe.

Avant que Kian naisse, je ne comprenais pas réellement ce que prendre soin d’une personne atteinte de graves handicaps physiques voulait dire. S’occuper d’un enfant ayant de graves handicaps n’est pas la même chose que de s’occuper d’un enfant ayant d’autres handicaps ou n’en ayant aucun. Kian ne peut pas effectuer lui-même ses activités de la vie quotidienne. Il a besoin d’aide pour tout, du bain à l’alimentation, en passant par l’habillement. Il ne peut pas s’asseoir, se tenir debout ou marcher. Il utilise un fauteuil électrique. Il a très souvent recours à des services sociaux et de santé, ce qui donne lieu à un grand nombre de thérapies et de rendez-vous médicaux.

Kian sourit. Il utilise un fauteuil électrique.

Kian

Kian maîtrise très bien la technologie, il est drôle et espiègle, et il a l’esprit aventureux. Il fait preuve d’une immense empathie, dans une mesure que j’ai rarement vue chez les autres. Lorsque j’ai reçu mon diagnostic de trouble bipolaire, j’ai commencé à réfléchir à la stigmatisation à laquelle j’étais confrontée et que j’intériorisais, et à la façon dont les expériences quotidiennes de Kian contrastaient avec les miennes. Je peux masquer mon trouble bipolaire, mais Kian ne peut pas cacher son handicap physique. En même temps, les suppositions que font les gens sur Kian et celles qu’ils font sur le trouble bipolaire sont démoralisantes. En ce sens, nous avons un lien très profond.

Quand je pense à l’avenir de Kian, je me demande comment la société le traitera lorsqu’il prendra de l’âge. L’empathie du public semble drastiquement changer lorsqu’il est question de handicaps. Même si les gens éprouvent souvent plus de compassion pour les enfants, ils peuvent en ressentir moins lorsqu’une personne atteint l’âge adulte.

C’est toujours aux côtés de Kian que je réalise des activités de défense des intérêts dans des milieux médicaux, scolaires et sociaux, en priorisant sa voix et en respectant sa dignité, son autonomie et ses droits, tels qu’ils sont décrits dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des personnes handicapées et la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Au fil du temps, j’ai dû lâcher prise sur mon approche initiale de parent hélicoptère et permettre à Kian de vivre de manière authentique, comme ce devrait être le cas de tous les enfants. Je me souviens d’un moment pendant une marche pour recueillir des fonds. Kian était seulement âgé de quatre ans et il voulait monter une pente raide avec son fauteuil électrique. Au départ, j’ai hésité, car je ne savais pas si je devais le laisser faire, mais je me suis rapidement rappelé ceci : si Kian était un enfant de quatre ans normal, est-ce que j’hésiterais? Bien sûr que non. Je l’ai donc laissé monter la côte avec son infirmière. Il s’est amusé comme un petit fou et je n’oublierai jamais son sourire ce jour-là.

Lorsque je réfléchis à cette conversation que j’ai eue avec mon généticien en 2009, je comprends maintenant la vérité de ses paroles. Le problème n’a jamais été Kian, le problème était la façon dont le monde le voyait, ou plus exactement, la façon dont il ne le voyait pas. La société, les travaux de recherche, les politiques et les lignes directrices cliniques ne tiennent pas toujours compte de Kian comme moi je le fais et de la façon dont il se voit. Cette prise de conscience a attisé mon désir de participer à des activités de défense des intérêts et de recherche en vue de réclamer des améliorations de l’équité en santé pour Kian et d’autres comme lui au Canada. Elle m’a aussi permis de comprendre l’importance de reconnaître la neurodivergence pour créer de meilleurs systèmes de soutien avec des enfants en situation de handicap et leurs familles.


Nourrir l’amour radical dans la recherche neurodéveloppementale

Dans son livre À propos de lamour, bell hooks, universitaire et théoricienne critique de la race, indique que pour aimer, il faut six ingrédients : l’attention, l’engagement, la connaissance, la responsabilité, le respect et la confiance. Elle fait valoir que l’amour est essentiel à la justice sociale et que l’amour radical peut toutes et tous nous unir, en reliant des mouvements sociaux et en faisant avancer nos progrès collectifs.

Dans le domaine de la recherche sur les handicaps, l’amour radical, ce peut être la création d’espaces où les personnes peuvent se rassembler, se sentir en sécurité et s’exprimer de façon authentique. L’amour, ce peut être de veiller à ce que nos résultats de recherche pour le public soient rédigés en langage clair, ce qui fait en sorte qu’ils sont faciles à comprendre, concis et accessibles à tout le monde. L’amour, ce peut être de répondre à des demandes de mesures d’adaptation sans jugement, en offrant de l’aide et en témoignant de l’attention. L’amour, ce peut être de s’efforcer de comprendre, plutôt que de laisser libre cours à la stigmatisation associée à un diagnostic de maladie mentale.

Mes différentes expériences vécues ont profondément influencé mon parcours universitaire et professionnel, et elles m’ont amenée à poursuivre des travaux de recherche utiles qui relient mes univers personnel et professionnel. Les travaux de recherche que j’effectue dans le cadre de mon doctorat portent principalement sur les intersections de la race et des handicaps, et examinent précisément les expériences des familles noires, autochtones et racisées dont des membres ont reçu des diagnostics de santé mentale et celles de leurs enfants en situation de handicap dans le système de protection de l’enfance. Guidée par le cadre conceptuel autochtone (en anglais seulement) de Margaret Kovach, professeure autochtone d'ascendance Nêhiyaw et Saulteaux du Traité 4 et membre de la Première Nation Pasqua, je me fonde sur l’épistémologie autochtone, l’éthique, la communauté et le moi de l’expérience dans les relations.

« Tous les projets auxquels j’ai participé, que ce soit à titre de partenaire de recherche du Réseau BRILLEnfant ou de chercheuse en devenir, m’ont profondément changée.  »
— Samadhi Mora Severino

Je crois que les travaux de recherche doivent transformer les communautés qu’ils servent, mais aussi les chercheuses et les chercheurs. Comme Shawn Wilson, qui est une personne crie d'Opaskwayak du nord du Manitoba, l’a si bien dit dans son livre Research is Ceremony : « Si la recherche ne vous change pas comme personne, alors vous l’avez mal faite. » Tous les projets auxquels j’ai participé, que ce soit à titre de partenaire de recherche du Réseau BRILLEnfant ou de chercheuse en devenir, m’ont profondément changée. Ces expériences ont contribué à ce que je défende les intérêts des familles et des jeunes aux prises avec des troubles neurodéveloppementaux et m’ont poussée à réinventer la façon dont les travaux de recherche, les politiques et les pratiques peuvent servir les communautés avec amour radical, empathie et intégrité.

Au centre de mon travail, on trouve mon engagement à l’égard de l’amour radical. J’espère qu’un jour, la société n’aura plus besoin que les personnes en situation de handicap et les personnes ayant reçu des diagnostics de maladie mentale prouvent qu’elles ont de la valeur. Elles seront plutôt acceptées pour leur authenticité et ne se heurteront plus aux obstacles dressés par des recherches, des lignes directrices cliniques, des politiques et des lois discriminatoires.


Appel à l’action

Voici des gestes que nous pouvons toutes et tous poser pour que le monde soit plus inclusif :

  1. Favorisez linclusion en aimant véritablement. Gérez les mesures d’adaptation et d’accessibilité en ouvrant votre cœur.

  2. Prenez lengagement dapprendre de façon continue. Soyez disposée ou disposé à oublier la désinformation préjudiciable que vous avez apprise et accueillez de nouvelles vérités, même si elles sont parfois déplaisantes.

  3. Évitez les suppositions. Reconnaissez que les diagnostics varient grandement et qu’il n’y a pas d’approche universelle pour comprendre ou aider les personnes.

  4. Assumez votre responsabilité. Reconnaissez vos erreurs, tirez-en des leçons et engagez-vous à évoluer ensemble.

  5. Respectez lautonomie et la dignité des personnes ayant des diagnostics de santé mentale. Elles peuvent vivre des vies enrichissantes et apporter des contributions variées qui ont un sens dans une société qui respecte leur autonomie et leur dignité, et qui met un terme à la stigmatisation.

  6. Défendez les pratiques antidiscriminatoires. Élaborez des travaux de recherche, des politiques et des lignes directrices cliniques qui placent en leur centre la voix des personnes ayant de l’expérience vécue et qui font activement participer ces personnes.

Je vous invite à réfléchir à la façon dont vous pouvez contribuer à la création d’un monde où l’inclusion, l’équité et l’amour radical ne sont pas des idéaux, mais bien des pratiques quotidiennes. Ensemble, nous pouvons réinventer une société où tout le monde peut vivre de manière authentique et apporter des contributions qui ont un sens.

Postdocs sous les projecteurs : Simonne Collins

Nous vous présentons notre série d’articles de blogue qui souligne les travaux de nos boursières et boursiers en recherche postdoctorale! 

Les boursières et boursiers en recherche postdoctorale jouent un rôle très important dans les projets de recherche du Réseau BRILLEnfant. Ils se passionnent pour la science de la mise en œuvre (SMO) et la recherche axée sur le patient (RAP) et son potentiel d’amélioration de la santé des enfants et des jeunes ayant des troubles du développement d’origine cérébrale et celle de leurs familles. 

Aujourd’hui, c’est avec joie que nous vous présentons Simonne Collins, nouvelle membre du Programme de recherche en SMO du Réseau BRILLEnfant. 

Programme de recherche en science de la mise en oeuvre

Simonne Collins (elle) 

Boursière en recherche postdoctorale, Strengthening Transitions in Care (STIC) Lab 
IWK Health, à Halifax, en Nouvelle-Écosse 

De Melbourne à Halifax 

Simonne, notre nouvelle boursière en recherche postdoctorale, est originaire de Melbourne, en Australie. À l’été 2024, motivée par son engagement à l’égard de la RAP, elle a déménagé à Halifax pour commencer un programme de bourses du Réseau BRILLEnfant, qui est offert au STIC Lab au IWK Health Centre. Son poste au Réseau BRILLEnfant est financé par la IWK Foundation. Simonne est rapidement devenue une membre importante du Programme de recherche en SMO du réseau!  

Simonne défend la RAP depuis qu’on lui a présenté le concept dans le cadre de son doctorat en psychologie à l’Université Monash, à Melbourne. Ses études doctorales étaient axées sur les enfants à risques de présenter des troubles du développement d’origine cérébrale. « Nous doutions de certaines choses, se souvient-elle. Nous ne savions pas si nous posions les bonnes questions ou si elles étaient même pertinentes pour notre population. » 

Ultimement, son équipe et elle ont décidé de consulter des parents partenaires de recherche, et l’expérience a été réellement éclairante : « Leurs commentaires ont été tellement enrichissants! En écoutant les partenaires ayant de l’expérience vécue, nous avons pu bien comprendre les obstacles qui se dressent devant elles et eux. » 

Maintenant, Simonne est ravie d’élargir ses compétences en RAP et en SMO, et son déménagement au Canada vient s’ajouter à son aventure! 

« Tous nos travaux de recherche devraient être réalisés avec des patientes et patients partenaires et des partenaires ayant de l’expérience vécue. »
— Simonne Collins, boursière en recherche postdoctorale du Réseau BRILLEnfant

Rôle de Simonne au Réseau BRILLEnfant 

Dans le cadre de la deuxième phase du Réseau BRILLEnfant, l’équipe du Programme de recherche en SMO cherche à mieux comprendre comment les données probantes peuvent être systématiquement appliquées aux pratiques courantes en vue d’améliorer la qualité et l’efficacité des services de santé pédiatrique au Canada. 

Sous la supervision des coresponsables, Steven Miller et Janet Curran, Simonne travaille sur deux des objectifs principaux du Programme de recherche en SMO : 1) examiner les méthodes relevant de la SMO qui sont utilisées dans les projets de la deuxième phase du réseau et déterminer les facteurs uniques dont les équipes de projets de SMO doivent tenir compte lorsqu’elles appliquent des traitements et des interventions pour les enfants ayant des troubles du développement d’origine cérébrale, et 2) comprendre comment des réseaux de recherche pancanadiens comme le Réseau BRILLEnfant peuvent permettre à des boursières et boursiers en recherche postdoctorale d’acquérir des compétences en SMO. Simonne examine les protocoles de recherche des projets, mène des entrevues auprès de chercheuses et chercheurs, de partenaires ayant de l’expérience vécue et de jeunes partenaires, analyse des données et diffuse les résultats.  

De plus, Simonne organise régulièrement des réunions pour les boursières et boursiers en recherche postdoctorale du réseau pour leur donner l’occasion de discuter des difficultés qu’ils éprouvent, d’établir des liens et de créer une communauté au sein du Réseau BRILLEnfant. Des expertes et experts dans le domaine sont invités à certaines des réunions pour faire part de leurs points de vue sur les méthodes relevant de la SMO et le développement de carrière. 

Regard vers l’avenir 

Lorsqu’on lui a demandé quelle influence aura son expérience au Réseau BRILLEnfant sur sa carrière, Simonne a répondu avec un très grand enthousiasme : « Oh, elle sera énorme! » 

Elle est particulièrement heureuse de sa plongée dans la recherche en SMO. « J’acquiers concrètement ces compétences », dit-elle. Elle se réjouit également de pouvoir travailler avec une équipe aussi diversifiée d’expertes et experts de la santé, composée de chercheuses et chercheurs, de cliniciennes et cliniciens, et de partenaires ayant de l’expérience vécue. « J’établis un grand réseau au Canada! » Depuis son arrivée, Simonne trouve qu’il est très enrichissant d’en apprendre plus sur le système de soins de santé d’un autre pays et ses défis. « Et j’apporte mes propres connaissances culturelles au réseau », ajoute-t-elle. 

Simonne espère que ses travaux de recherche intégreront toujours des méthodes de RAP. « Je pense que les chercheuses et chercheurs comprennent de mieux en mieux les retombées de la RAP sur la santé, mentionne-t-elle. Elle nous permet de répondre aux besoins et aux défis qui comptent vraiment pour les patientes, les patients et les familles. » 

Le programme de bourse de stage d’été offre « un regard nouveau » sur la recherche axée sur le patient

Des stagiaires reviennent sur leurs expériences au Réseau BRILLEnfant

Cet été, nous avons eu le plaisir d’accueillir 11 nouvelles étudiantes et nouveaux étudiants de premier cycle dans notre programme de bourse de stage d’été 2024 du Réseau BRILLEnfant : Shannon Walsh, Parya Borhani, Natalie Wong, Muhammad Saim, Megan Liang, Lola Irelewuyi, Hanna Huguet, Anton Santos, Nina Chang, Shannon Tse et Abigail Hansen. 

Chaque année, le Réseau BRILLEnfant contribue à former une nouvelle cohorte de stagiaires dans le domaine de la recherche axée sur le patient (RAP) en aidant ses équipes de projets et de programmes à embaucher des stagiaires pour l’été. En 2024, nous avons réservé 38 250 $ pour soutenir ces stagiaires de premier cycle qui ont travaillé avec 9 équipes de projets et de programmes. 

À la fin de l’été, on a demandé à chaque stagiaire de faire part de ses apprentissages dans le cadre du programme de bourse de stage d’été et de la façon dont celui-ci influencera sa carrière dans le domaine de la recherche en santé. Voici les propos que nous avons retenus! 

« Ce que je retiens d’abord et avant tout de cette expérience de recherche, c’est l’importance de la RAP. »
— Abigail Hansen, stagiaire d’été 2024 du Réseau BRILLEnfant

Un nouveau regard sur la RAP 

Les stagiaires d’été 2024 du Réseau BRILLEnfant provenaient d’horizons différents et possédaient des niveaux d’expérience variés. À la fin du programme, toutes et tous croyaient fermement en la valeur et en l’importance de la RAP! 

Des stagiaires qui défendaient déjà la recherche collaborative, comme Hanna, sont d’avis que le programme de bourse de stage d’été a renforcé leur engagement à l’égard de la RAP et leur a permis de mieux comprendre ses avantages : « Mon point de vue sur l’importance de la RAP est resté le même avant et après le programme, car je continue de croire en sa valeur et en son potentiel », a mentionné Hanna.

À l’inverse, les stagiaires qui connaissaient peu cette approche de recherche étaient d’accord pour dire que le programme de bourse de stage d’été présentait de façon exhaustive les principes et pratiques de la RAP. Plus précisément, les stagiaires trouvaient que le programme montrait comment l’établissement de partenariats enrichissants avec des patientes, des patients, des familles, des communautés et des partenaires ayant de l’expérience vécue (PEV) permet d’accroître les retombées concrètes de la recherche.

« Ce qui m’a le plus surprise, c’est à quel point il y a un écart entre la recherche en santé et les retombées, ce qui ne fait que souligner encore plus l’importance de la RAP pour l’avenir de la recherche », a écrit Parya. 

Pour Muhammad, l’expérience a fondamentalement changé sa façon de voir la recherche en santé : « Mon point de vue a considérablement changé. Je vois maintenant la RAP comme une voie menant à des travaux de recherche plus éthiques et efficaces qui s’harmonisent grandement avec les besoins des personnes qu’elle souhaite aider. » 


« La participation à des discussions avec des professionnelles et professionnels aussi bien qu’avec des PEV a été transformatrice. »
— Lola Irelewuyi, stagiaire d’été 2024 du Réseau BRILLEnfant

Une occasion d’apprendre des spécialistes de la santé de partout au Canada

Les membres de la cohorte de cet été étaient toutes et tous d’accord pour dire que l’un des principaux avantages du programme de bourse de stage d’été était la foule de connaissances et d’outils qu’ils ont acquis auprès de spécialistes de la santé des quatre coins du pays. Les membres ont eu le plaisir de travailler aux côtés de personnes provenant d’horizons différents, dont des médecins, des infirmières et infirmiers, des chercheuses et chercheurs, et des PEV, et d’apprendre de ces personnes.

« [Le programme] offrait une occasion d’entrer en contact avec des spécialistes du domaine toutes les deux semaines », a écrit Anton, qui a mentionné qu’il s’agissait de « rencontres précieuses ». 

De nombreuses et nombreux stagiaires étaient particulièrement reconnaissants d’avoir eu l’occasion de travailler directement avec des comités consultatifs de parents et de patientes et patients, car ces comités leur ont permis de voir différemment les expériences, les préoccupations et les besoins uniques de la population. 

Natalie a écrit ce qui suit : « Je suis déterminée à appliquer ces connaissances à de prochains projets pour m’assurer que les voix et les expériences des PEV demeurent au centre des travaux de recherche. » 


« J’ai appris que la RAP est une approche essentielle pour rendre les soins de santé plus inclusifs.  »
— Lola Irelewuyi, stagiaire d’été 2024 du Réseau BRILLEnfant

Une nouvelle expertise

En plus de voir leur travail intégré à celui d’une équipe et d’un projet de recherche du Réseau BRILLEnfant, les stagiaires d’été ont suivi un programme qui présente les principaux concepts de la RAP. La série de formations de cette année examinait les croisements qui existent entre la RAP, la mobilisation des connaissances (MC) et la science de la mise en oeuvre (SMO). Ces sujets ont grandement intéressé la cohorte 2024. Muhammad a écrit que le programme l’a poussé à « user d’une plus grande imagination afin de trouver des moyens de diffuser des résultats de recherche pour que les communautés touchées puissent y accéder et les utiliser facilement. »

Plusieurs autres stagiaires ont mentionné que les modules sur la MC et la SMO leur ont appris comment combler l’écart entre les pratiques de soins de santé et la recherche. 

Hanna a écrit ce qui suit : « J’ai pu mieux comprendre les nombreux facteurs qui influencent la mise en œuvre de la recherche [...] et l’importance de veiller à ce que les résultats soient intégrés d’une façon qui assure l’accessibilité et l’efficacité pour les praticiennes et praticiens. » 

Un grand nombre de stagiaires a aussi constaté que le programme a permis de renforcer ou de susciter leur engagement à l’égard de l’équité, de la diversité, de l’inclusion, de la décolonisation et de l’autochtonisation (EDI-DA). Les stagiaires ont découvert l’importance d’établir des partenariats enrichissants et la façon d’y parvenir tout en évitant que l’inclusion des personnes dans les travaux de RAP soit purement symbolique.

« J’ai pu directement voir la méfiance qu’ont de nombreuses communautés marginalisées envers le système de soins de santé, a écrit Lola. J’ai donc aimé la façon dont ce stage a fait ressortir à quel point les PEV améliorent les travaux de recherche grâce à une approche spécialisée. » 


« Grâce à ce processus, j’en suis venue à grandement m’intéresser à la recherche clinique. Je suis emballée de continuer mon parcours d’apprentissage en RAP dans le domaine de la santé des enfants!  »
— Megan Liang, stagiaire d’été 2024 du Réseau BRILLEnfant

Un programme aux retombées durables 

De manière générale, les réflexions de la cohorte 2024 montrent clairement que le programme de bourse de stage d’été a une grande influence sur leurs philosophies, leurs objectifs, leurs perspectives et leurs capacités de recherche, et qu’il aura sans aucun doute une incidence durable sur leurs carrières dans le domaine de la santé pédiatrique. 

« Comme je prévois de faire des études supérieures, j’ai hâte de continuer de participer aux activités de MC, a conclu Anton. Les compétences et les connaissances que j’ai acquises dans le cadre de ce programme me seront très utiles dans mes prochains projets. » 

Un grand nombre de stagiaires a mentionné que le programme a nourri leur passion pour la recherche et leur a donné un nouvel élan pour l’avenir. 

« Ce programme m’a permis de devenir une stagiaire de recherche plus attentive aux besoins des patientes et patients, a écrit Natalie. Je suis emballée de continuer de contribuer aux avancées dans les soins de santé! » 

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Série rétrospective de webinaires : Programme « Life Beyond Trauma » (La vie après un traumatisme)

La création de relations de travail productives entre des chercheuses et chercheurs et des partenaires ayant de l’expérience vécue (PEV) ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut y consacrer du temps, établir un lien de confiance et démontrer un respect mutuel. Comme l’illustre l’histoire ci-dessous, c’est grâce à ses relations que les PEV ont le pouvoir d’influencer les travaux de recherche.

Le programme « Life Beyond Trauma » (La vie après un traumatisme) est né d’une telle collaboration.

 

Donna Thomson, parent partenaire de recherche, autrice et défenseure des droits

Patrick McGrath, cochercheur principal

 

Au cours de la première phase du Réseau BRILLEnfant, l’équipe du Programme de neurodéveloppement Familles Solides a examiné la possibilité d’améliorer la régulation des émotions et du comportement des enfants ayant des troubles du développement d’origine cérébrale en fournissant aux parents des renseignements éducatifs, un soutien téléphonique, des services de soutien entre parents et de l’information sur les ressources disponibles.

Toutefois, comme l’a souligné Donna Thomson, parent partenaire de recherche, autrice et défenseure des droits, les parents dans ces situations ont aussi souvent besoin de soutien.

Donna, qui a participé comme partenaire au Programme de neurodéveloppement Familles Solides, a parlé avec franchise de son expérience du projet dans notre webinaire présenté en février 2022, intitulé Life Beyond Trauma Program for Parents of Neurodiverse Children with Post-Traumatic Stress Disorder (Programme « Life Beyond Trauma » [La vie après un traumatisme] pour les parents qui ont des enfants neurodivergents et qui sont aux prises avec un trouble de stress post-traumatique), un épisode de la série de webinaires SPARK: Live de l’organisme Santé des enfants Canada.

Dans ce webinaire, Patrick McGrath, cochercheur principal (qui codirige actuellement le projet de la deuxième phase, intitulé « Bridging the Gap from Science to Uptake » [Combler le fossé de la recherche à l’adoption]), a indiqué que c’est Donna qui est allée le voir pour lui présenter l’idée. Le personnel de son laboratoire (ce dernier est affilié à IWK Health, en Nouvelle-Écosse) concentrait ses efforts sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT), mais c’est Donna qui a suggéré qu’il étudie les parents d’enfants vivant avec des troubles neurodéveloppementaux. « Pensez-y, lui a-t-elle dit. Nous avons beaucoup de TSPT! »

Le TSPT est un problème de santé mentale, mais Patrick l’a aussi décrit comme un trouble de la mémoire. « Des événements qui provoquent de grandes émotions [...] sont codés de façon très fragmentée dans le cerveau, ce qui entraîne le développement de tout un réseau de peur. » Il a expliqué que c’est exactement ce qui arrive chez les parents d’enfants ayant des troubles neurodéveloppementaux. Dès la naissance de leur enfant, les interventions et les urgences de santé s’ancrent dans leur réalité. Donna l’a expliqué à Patrick : « C’est ça notre vie. C’est un problème médical après l’autre. »

C’est une réalité que Donna connaît très bien. Lorsque son fils, atteint d’une grave paralysie cérébrale et ayant des besoins médicaux complexes, était âgé de seulement trois ans, elle a reçu un appel téléphonique de son école. « Nicholas a fait une crise épileptique », s’est-elle souvenue. Pendant des années après cet événement, Donna éprouvait un sentiment de panique extrême chaque fois que le téléphone sonnait. Elle ne savait cependant pas qu’il s’agissait d’un symptôme du TSPT.

Selon Patrick, ce n’est pas rare : « Le TSPT est un problème caché chez les parents d’enfants ayant des troubles neurodéveloppementaux. »

Pour mieux comprendre les traumatismes uniques vécus par les parents dans cette population et pour examiner des voies de traitement virtuel et en personne, Patrick et Donna ont cocréé le programme « Life Beyond Trauma » (La vie après un traumatisme). Pour Patrick, les parents partenaires de recherche étaient d’importantes sources de renseignements et d’inspiration, et il a mentionné que leurs contributions étaient essentielles. « Les parents apportent quelque chose aux interventions [...] et à nos travaux de recherche que nous ne pouvons pas apporter. »

Lorsqu’elle a créé l’étude, l’équipe s’est rendu compte qu’aucun instrument ne permettait d’évaluer les traumatismes distincts que les parents d’enfants ayant des troubles neurodéveloppementaux pouvaient vivre. « L’une des choses que nous avons élaborées est une liste des traumatismes chez les parents », a indiqué Patrick (liste en anglais seulement). Cette liste a permis à l’équipe de mettre l’accent sur des événements qui touchent précisément les parents, par exemple, assister à des situations où la vie de leur enfant est en danger ou avoir un enfant qui reste à l’unité néonatale de soins intensifs. Les chercheuses et chercheurs ont aussi tenu compte de différents autres types de traumatismes, car ceux-ci contribuent à ce que Patrick appelle « l’effet cumulatif », c’est-à-dire que plus une personne vit de traumatismes dans sa vie, plus elle risque d’être atteinte d’un TSPT. « Ça a été une très grande révélation pour moi, a indiqué Donna. Avant cette étude, je croyais fermement qu’à force de vivre des traumatismes, on pouvait mieux arriver à les gérer. »

Patrick a expliqué qu’il existe de nombreux traitements efficaces pour les personnes qui souffrent d’un TSPT : « Les interventions les plus efficaces sont [...] les thérapies par exposition qui tiennent compte des traumatismes. » Dans le programme « Life Beyond Trauma » (La vie après un traumatisme), l’équipe a recouru à la thérapie par exposition à la narration pour aider les participantes et participants à parler en détail de leurs traumatismes. Donna a mentionné qu’au départ, de nombreux parents craignaient que l’intervention les traumatise à nouveau. Toutefois, à la fin leurs séances, les parents ont admis que l’expérience leur avait donné de l’assurance. Patrick a confirmé que cette réponse est typique de la thérapie par exposition : « La grande majorité des personnes commencent à ressentir du soulagement après la première ou la deuxième séance. »

Pour conclure la présentation, Patrick a souligné l’absolue nécessité des traitements qui ciblent précisément le TSPT, virtuels ou en personne, pour les parents d’enfants ayant des troubles neurodéveloppementaux. « Ces problèmes de santé mentale qui touchent la mémoire peuvent être traités efficacement, a-t-il mentionné. Même quand les personnes sont en train de vivre un traumatisme. »

Donna a souligné que cette étude, à laquelle elle a participé comme parent partenaire de recherche, a été grandement éclairante. « Sur le plan personnel, mon parcours a été incroyable, a-t-elle affirmé. Je suis beaucoup plus douce envers moi-même lorsque je pense aux choix et aux gestes que j’ai faits ou non pendant mon parcours de mère. »

 

PUBLICATIONS

Lisez les articles de recherche suivants sur le programme « Life Beyond Trauma » (La vie après un traumatisme) :

PROCHAINS WEBINAIRES

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Programme de bourses de recherche Azrieli BRILLEnfant : Appel à candidatures !

Cinq nouveaux postes disponibles !

Nous avons lancé un nouvel appel à candidatures pour les boursières et boursiers en recherche postdoctorale qui souhaitent travailler avec notre réseau afin de soutenir les enfants atteints de troubles du développement d’origine cérébrale ! 

Les postes au sein du Réseau BRILLEnfant représentent une occasion précieuse d’apprendre et d’appliquer des approches de recherche axées sur le patient dans le contexte de la santé des enfants, en mettant l’accent sur la mobilisation des connaissances, la science de la mise en œuvre, et sur l’équité, la diversité, l’inclusion, la décolonisation et l’autochtonisation. Voici ce qu’une boursière postdoctorale actuelle avait à dire à propos du programme : 

« Non seulement mes connaissances et mes compétences en recherche sur la mise en œuvre et en recherche axée sur le patient se sont améliorées, mais ce soutien m’a permis de développer une véritable passion pour ce domaine de recherche. J’espère les utiliser pour améliorer les soins de développement des enfants au Canada dans ma future carrière de chercheuse.  »
— Marie-Ève Bolduc, boursière en recherche postdoctorale au sein du projet « Care Pathways for CHD »

Grâce au soutien généreux et continu de la Fondation Azrieli pour aider à former la prochaine génération de chercheuses et des chercheurs en recherche axée sur le patient et en science de la mise en œuvre, nous cherchons à pourvoir des postes au sein des équipes suivante (détails de chaque poste en anglais seulement) : 

Nous acceptons également les candidatures pour le poste suivant, financé grâce au généreux soutien de Research Manitoba : 

Les candidatures seront acceptées jusqu’au 17 novembre 2024.

Série rétrospective de webinaires – Téléréadaptation pour les enfants et les jeunes vivant avec un handicap

Lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé le monde entier en 2019, les façons d’offrir les services de soins de santé ont profondément changé. Auparavant, il était plutôt rare de recevoir des services virtuels de soins de santé, mais les confinements et la distanciation sociale ont entraîné une augmentation spectaculaire de la demande pour des ressources et des services de télésanté partout sur la planète. Au Canada, un grand nombre de parents d’enfants vivant avec des troubles du développement d’origine cérébrale ont fait l’expérience de la téléréadaptation pour la toute première fois.

 

Annette Majnemer, cochercheuse principale du projet AccompagnENSEMBLE ainsi qui la chercheuse principale désignée et codirectrice scientifique du Réseau BRILLEnfant

Tatiana Ogourtsova, chercheuse du Réseau BRILLEnfant

 

Devant ce changement, des chercheuses et chercheurs du Réseau BRILLEnfant ont commencé à se poser des questions sur la valeur de la téléréadaptation, qui propose différents types de thérapies à distance (physiothérapie, ergothérapie, etc.), par rapport à un traitement reçu en personne. Une équipe dirigée par Tatiana Ogourtsova, chercheuse du Réseau BRILLEnfant, a procédé à une revue systématique des études portant sur l’efficacité de la téléréadaptation pour les enfants vivant avec des troubles du développement d’origine cérébrale et leurs parents. La revue a été réalisée dans le cadre du projet AccompagnENSEMBLE de la première phase du réseau, dirigé par nos cochercheuses principales Annette Majnemer (qui agit également à titre de chercheuse principale désignée et codirectrice scientifique du Réseau BRILLEnfant) et Maureen O’Donnell (directrice générale du Child Health BC et professeure agrégée au département de pédiatrie de l’Université de la Colombie-Britannique).

Annette, Tatiana et Georgia Iliopoulos, partenaire ayant de l’expérience vécue, ont fait part des résultats de cette revue et discuté de l’avenir de la téléréadaptation dans l’épisode de la série de webinaires SPARK: Live de l’organisme Santé des enfants Canada, intitulé « Téléréadaptation pour les enfants et les jeunes vivant avec un handicap : données probantes et perspectives » et présenté en mars 2022.

La revue a permis de faire ces trois grandes constatations :

  1. La téléréadaptation est aussi efficace, voire plus efficace que les traitements reçus en personne.

  2. La téléréadaptation est très efficace dans les cas où la clinicienne ou le clinicien participe activement à toutes les séances et recourt à une approche axée sur la famille qui répond aux besoins de l’enfant et des parents.

  3. Les télé-évaluations effectuées en personne ou à distance donnent les mêmes résultats.

Pour obtenir les points de vue d’un parent sur les données et des renseignements sur les défis et les avantages concrets de la téléréadaptation, Tatiana et Annette ont discuté avec Georgia de son expérience de la recherche de services pour sa fille Odessa depuis que cette dernière est âgée de 17 mois. Au plus fort de la pandémie, Georgia et son mari cherchaient une ou un orthophoniste qui fournirait à Odessa des services d’orthophonie et d’évaluation de l’autisme. Ils ont été soulagés de trouver une personne qui offrait ces services par Zoom.

Malgré les défis qui se sont posés au départ, Georgia a rapidement constaté les avantages de la téléthérapie. Outre le fait de diminuer le risque que sa fille contracte la COVID-19, les séances virtuelles ont permis de réduire les déplacements et le stress de la famille. Georgia a aussi indiqué que ces séances lui ont donné de l’assurance comme parent : « Je n’avais pas un rôle passif ou je ne faisais pas qu’écouter ou regarder. J’essayais des stratégies, je recevais de la rétroaction. J’avais davantage confiance en mes capacités de travailler avec ma fille. »

Une mère qui supervise l'appel vidéo de son fils. Photo de Pexels.

Au début, l’expérience des soins virtuels a toutefois été déconcertante. Georgia a trouvé qu’il lui a fallu du temps pour apprivoiser la plateforme de réadaptation. Pendant les premières séances, elle agissait comme médiatrice entre Odessa et l’orthophoniste : « Le défi, c’était d’assurer la participation continue de ma fille pendant que je tournais mon attention vers l’orthophoniste et l’écoutais, puis de retourner mon attention vers ma fille, d’exécuter la stratégie discutée et d’obtenir de la rétroaction. »

Georgia et l’orthophoniste ont mis du temps à trouver la meilleure stratégie : finalement, c’est une structure en deux parties qui a été mise en place, laquelle comprenait également la collaboration du mari de Georgia. Pour Georgia, l’implication de toute la famille était extrêmement précieuse. « Nous formions une équipe », dit-elle en souriant. Le recours aux séances virtuelles signifiait aussi que Georgia et sa famille devaient investir dans de nouvelles technologies. « Par exemple, ma fille avait de la difficulté à se concentrer lorsqu’elle entendait l’orthophoniste », mentionne Georgia, qui a dû procurer un casque d’écoute sans-fil à Odessa afin que celle-ci ne soit pas dérangée par la voix de l’orthophoniste pendant les séances.

Dans toute cette expérience, c’est le temps passé à résoudre les problèmes technologiques qui a frustré Georgia : « Comme parent, tu as l’impression que le temps n’est pas uniquement consacré à la thérapie. »

Lorsqu’on lui a demandé quels changements pourraient être apportés pour améliorer les services de téléréadaptation, Georgia a rapidement mentionné la nécessité d’établir une meilleure communication. L’orthophoniste n’avait pas consulté Georgia ni son mari avant de tenir la première séance de thérapie, ce qui a entraîné une grande perte de temps. « Il n’y a eu aucune préparation, commente-t-elle. On ne m’a pas demandé ce qui pourrait mieux fonctionner pour ma fille. »

Une mère et son enfant font une consultation virtuelle avec un clinicien. Photo de Shutterstock.

Georgia a également souligné que les prestataires de télésoins de santé devraient discuter avec la famille des technologies qu’elle possède à la maison et de la meilleure façon d’organiser les lieux pour que la thérapie donne des résultats. « Je pense que ce qui est le plus important, c’est la préparation, mentionne-t-elle. Il faut qu’une discussion ouverte préalable soit entamée avec la famille au lieu que les problèmes soient réglés au fur et à mesure des séances. »

Malgré ces obstacles, Georgia était heureuse de voir les bienfaits de la téléthérapie :

« Ma fille faisait, et fait encore, d’impressionnants progrès grâce à la téléthérapie! »

Pour terminer l’épisode du webinaire, Annette a parlé de l’avenir de la téléréadaptation dans un monde post-pandémique : « Sur le plan de l’accessibilité, la téléréadaptation comporte de réels avantages pour les familles. Cela dit, elle ne convient pas forcément à tout le monde et il y a des limites à ce qu’elle peut faire ou non. » De son point de vue, la solution consiste à combiner les meilleurs éléments des soins virtuels et ceux des soins fournis en personne. « Je crois qu’il s’agit d’une occasion de revoir les façons de faire les évaluations et les interventions », affirme-t-elle.

Georgia était d’accord pour dire que la thérapie en personne est parfois nécessaire, mais que les soins virtuels ne disparaîtront pas : « Comme je connais leurs bienfaits et leurs avantages, et la façon de les adapter à nos besoins, j’y recourrais très certainement [encore]. Je crois qu’ils sont très utiles et j’espère qu’ils continueront d’être offerts! »

Les résultats de cette revue continuent d’avoir des effets qui ont une grande portée. En 2022, Tatiana, Annette, Georgia et une équipe spécialisée ont lancé le site Web TELEREHUB-CHILD, dont l’objectif est d’optimiser l’utilisation de la téléréadaptation pour les enfants et les jeunes ayant des troubles du développement et leurs familles. Le site Web offre des ressources pour les familles et les cliniciennes et cliniciens, des renseignements à jour sur l’efficacité des différents télétraitements, et bien plus encore.

PUBLICATIONS

Lisez les articles de recherche suivants qui découlent de la revue des études sur la téléréadaptation :

PROCHAINS WEBINAIRES

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Annonce du nouveau directeur des opérations du Réseau BRILLEnfant 

Le Réseau BRILLEnfant est ravi d’accueillir Tom Philpott (maîtrise en administration des affaires, maîtrise en gestion des services de santé, directeur accrédité de services de santé) à titre de nouveau directeur des opérations! 

Tom Philpott

En tant que directeur des opérations, Tom supervise l’ensemble des procédures et des processus de gestion, opérationnels et administratifs pour les activités du Réseau BRILLEnfant, notamment pour les cinq programmes du réseau. Il contribue à l’élaboration de programmes et oriente la surveillance du rendement de toutes les activités du réseau et la production de rapports sur celles-ci tout en assurant l’atteinte efficace et en temps opportun de tous les objectifs et jalons administratifs du Réseau BRILLEnfant. 

Tom possède plus de 25 ans d’expérience de l’innovation et de la recherche en santé dans les secteurs public et privé, notamment dans les domaines de la prestation de soins de santé, de la recherche universitaire et de la recherche et du développement de technologies de la santé. Il détient un baccalauréat en sciences politiques de l’Université McGill, une maîtrise en administration des affaires de l’École de gestion Ivey de l’Université Western et une maîtrise en gestion des services de santé de l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa.  

Tom connaît bien le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), dont l’Institut de recherche abrite les locaux du siège social du Réseau BRILLEnfant. Il a commencé sa carrière en soins de santé au CUSM en 2005. Il est ensuite devenu directeur général du Collectif pour l’excellence dans la gouvernance de la santé, situé au CUSM, qui a eu des retombées internationales sur la qualité des soins dans de grands systèmes de soins de santé et des établissements de soins de longue durée. Tom a également occupé le poste de directeur général du Réseau pour la santé du cerveau des enfants, à l’Université de la Colombie-Britannique, qui se veut un écosystème national de centres d’excellence pour les troubles neurodéveloppementaux. Juste avant de se joindre au Réseau BRILLEnfant, Tom était directeur de l’exploitation de Circle Innovation, un organisme sans but lucratif associé à l’Université Simon Fraser, qui aide des entrepreneurs dans le domaine des technologies de la santé à mettre au point des produits novateurs destinés au marché à l’aide d’un modèle unique de cocréation. 

Au cours de sa carrière, Tom a aussi contribué au lancement de la division internationale du CUSM, dirigé la mise en œuvre des priorités stratégiques et la gestion des changements dans une grande régie de la santé qui faisait l’objet d’une fusion en Nouvelle-Écosse, et aidé à planifier la mise en place d’un nouveau centre de recherche pour le fournisseur de services Providence Health Care en Colombie-Britannique. Dans ses temps libres, Tom s’occupe, à titre de bénévole, des admissions pour la Faculté de médecine de l’Université McGill. Il est aussi un père de famille bien occupé et il pratique régulièrement la méditation. 

Bienvenue, Tom! 

Le Réseau BRILLEnfant souhaite remercier son ancienne directrice des opérations, Lorraine Reynolds, qui, depuis 2019, faisait profiter au Réseau BRILLEnfant de sa vaste expérience de l’administration. Elle s’est rapidement révélée comme étant une directrice dévouée, astucieuse et compétente. Elle a guidé le réseau pendant la pandémie de COVID-19 et a supervisé l’organisation de la toute première conférence hybride du réseau en 2023.  

Le Réseau BRILLEnfant tient également à remercier Christine Marcotte et Pierre Zwiegers pour leurs efforts inlassables à titre de directrice et de directeur des opérations par intérim. Leur aide a été indispensable pendant la transition.  

Rencontrez les jeunes avec une expérience vécue qui façonnent la recherche de BRILLEnfant

Notre Comité national des jeunes porte-paroles (CNJPP) est composé de partenaires de recherche qui ont moins de 30 ans et qui vivent avec des troubles du développement d’origine cérébrale. 

Ces partenaires aident à faire avancer la recherche qui est effectuée en collaboration avec (et non seulement pour) des personnes en situation de handicap. Nous les surnommons nos porte-flambeaux de l’expérience vécue!

Ce printemps et cet été, nous avons surligné leur travail essentiel au Réseau BRILLEnfant en tant que consultant(e)s et co-chercheur(euse)s dans une série publiée en exclusivité sur LinkedIn. Vous pouvez maintenant consulter les 10 profils ici!

« [L’autonomie sociale] c’est se faire entendre et représenter les personnes qui ont des handicaps. »
— Logan

«  J’aimerais voir plus de jeunes en situation de handicap s’imposer dans des projets de recherche. »
— Mathias

« Quand on parle de recherche en santé, il faut que les groupes marginalisés fassent partie de la conversation. »
— Kelsey

« [Faire partie du CNJPP] m’a grandement aidé. Il y a des personnes à qui je peux parler.  »
— Jacob

« Même si j’ai beaucoup étudié les interactions sociales des personnes neurotypiques, c’est difficile pour moi parfois. Je ne comprends pas toujours les blagues ironiques ou les insinuations. C’est un défi quotidien. »
— Hans

« Nous vivons dans un monde où l’on ne donne pas toujours l’occasion aux personnes comme moi de s’exprimer. »
— Gillian

« On ne concevrait pas un produit sans demander l’avis des consommateurs, mais des produits découlant de la recherche sont créés sans la participation des utilisateurs finaux. »
— Claire

«  Je crois qu’il est important d’examiner le cerveau et la santé mentale sous le prisme de l’intersectionnalité.  »
— Shafniya

« Être moi-même, sans complexes, permet à d’autres personnes marginalisées de me voir comme une personne digne de confiance, ce qui signifie que je peux aider à défendre leurs intérêts.  »
— Tommy

« J’ai accepté mes traits autistiques. De cette façon, je peux mieux défendre mes intérêts.  »
— Sierra

Les chercheuses et chercheurs en santé de l'enfant peuvent faire appel au CCNJP dans le cadre du Service de consultation sur les expériences vécues offert par le Réseau BRILLEnfant. Apprenez-en plus et déposez une demande de consultation pour votre projet de recherche :

Porte-flambeaux de l'expérience vécue : Rencontrez Logan Wong

Nous vous présentons Logan, travailleur social et un des plus anciens membres du CNJPP! L’autonomie sociale est devenue pour lui une façon de sensibiliser et d’informer les autres. 

Logan Wong, co-responsable du CNJPP

« C’est se faire entendre et représenter les personnes qui ont des handicaps, dit-il. Surtout des troubles du développement d’origine cérébrale, car ils sont souvent invisibles. »

Logan, qui détient un baccalauréat et une maîtrise en travail social de l’Université de Toronto, sait très bien comment aider les personnes démunies sur le plan social. « Parfois, je me sens comme un défenseur professionnel des intérêts », blague-t-il. 

Logan fait partie du CNJPP depuis sa création en 2018. Lui et Hans Dupuis en sont les coprésidents. Au cours des six dernières années, Logan a participé à de nombreuses études à titre de jeune partenaire de recherche et a travaillé avec des organisations et des universités des quatre coins du pays, dont le Holland Bloorview Kids Rehabilitation Hospital. À l’heure actuelle, il siège notamment au conseil consultatif de l’étude « What Decision-Makers Want » qui porte sur les interventions psychosociales ayant lieu au Canada, menée en partenariat avec l’équipe du Programme de neurodéveloppement Familles Solides du Réseau BRILLEnfant.

Logan se sert de sa formation en travail social et de son expérience comme partenaire de recherche pour accomplir son travail de conseiller IDEAA. Ce sigle signifie « inclusion, diversité, équité, antiracisme et accessibilité ». Logan recourt à cette approche intersectionnelle pour aider des organismes sans but lucratif à mettre en place des environnements de travail plus diversifiés et équitables.

En tant que personne trans et métisse atteinte de paralysie cérébrale, d’autisme et de nombreux troubles anxieux, Logan parle avec franchise de l’importance de l’expérience vécue dans la recherche en santé: « Je me suis affirmé comme transgenre au cours de ma collaboration avec le Réseau BRILLEnfant. J’ai changé mon nom, mes pronoms et mes documents d’identité pendant que je travaillais au CNJPP. » Il indique que, durant le processus, tout le monde au sein du Réseau BRILLEnfant l’a grandement soutenu : « Les gens m’ont accepté comme je suis. » 

Logan croit fermement que la participation des personnes ayant une expérience vécue dans la recherche en santé permet de produire des résultats plus utiles qui ont une plus grande incidence: « Je remercie le Réseau BRILLEnfant de me donner l’occasion de prendre part à des travaux de recherche sur les handicaps chez les enfants. Je suis impatient d’en faire plus dans le cadre du CNJPP. »

Vous pouvez en apprendre plus sur Logan et ses travaux de consultation en accédant à son site Web.

Porte-flambeaux de l'expérience vécue : Rencontrez Mathias Castaldo

Pour Mathias, âgé de 29 ans, l’autonomie sociale, c’est pouvoir s’exprimer. Il est né atteint d’une paralysie cérébrale, un trouble neurologique qui affecte ses mouvements et sa posture.

Mathias Castaldo, membre du CNJPP

Mathias, qui appuie fermement la recherche axée sur le patient (RAP), croit qu’il peut se servir de son expérience vécue pour créer des changements dans le domaine de la santé.

« J’aimerais voir plus de jeunes en situation de handicap s’imposer dans des projets de recherche », dit-il.  

Mathias détient un baccalauréat en psychologie de l’Université métropolitaine de Toronto et une maîtrise en éducation spécialisée en psychologie du développement de l’Université de Toronto. Il travaille au Holland Bloorview Kids Rehabilitation Hospital comme spécialiste du soutien aux familles et animateur jeunesse. Dans ces rôles, il est une personne-ressource pour les jeunes en situation de handicap et leurs familles, et il leur apporte de l’aide pendant la transition à l’âge adulte : « J’aime pouvoir parler de mon expérience vécue pour aider les autres! » 

Mathias s’est joint au CNJPP en 2018 et il est devenu son premier président. Il a grandement contribué à la formation et à la croissance du comité. Depuis, il a joué d’importants rôles dans plusieurs équipes de recherche et il a fourni des commentaires essentiels sur des projets par l’intermédiaire du CNJPP.  

À l’heure actuelle, il participe comme partenaire jeunesse en recherche au projet gagnant du Fonds de formation novatrice 2022, intitulé « CEE YOU!: Critical Ethical Engagement of YOUth in patient-oriented research ». L’équipe a pour objectif de mieux comprendre la participation des jeunes dans la RAP et d’accroître chez les chercheuse(eur)s l’engagement éthique de jeunes en situation de handicap. La participation de Mathias au projet est multidimensionnelle: « J’ai eu l’occasion de créer l’affiche du projet de recherche, de faire des entrevues avec des participantes et des participants, d’effectuer une analyse de données et de rédiger des examens de résumés vulgarisés ».

Mathias estime que l’un de ses plus grands défis est de faire face aux préjugés de la société sur les différents handicaps. La stigmatisation et le capacitisme ont miné sa motivation à pratiquer des sports, à poursuivre des études postsecondaires, et même à trouver du travail : « Je me sens embarrassé... Je suis moins porté qu’avant à faire part de mon handicap parce que j’ai peur de la réaction des autres. » Malgré ces obstacles, Mathias a participé à des compétitions d’athlétisme et obtenu d’excellents résultats à l’école. « Je ne laisse pas la paralysie cérébrale me définir », dit-il fièrement.  

Porte-flambeaux de l'expérience vécue : Rencontrez Kelsey Seguin

Voici Kelsey, étudiante au doctorat en sciences de la réadaptation à l’Université d’Ottawa. Elle s’est ajoutée à l’équipe du CNJPP en mars 2023.

Kelsey Seguin, membre du CNJPP

« L’autonomie sociale dans le domaine de la recherche en santé est un sujet qui me tient à cœur, souligne Kelsey. C’est essentiel quand tu vis avec des troubles du développement d’origine cérébrale. »

Kelsey veut s’exprimer et elle sait que ses points de vue ont une grande valeur : « Quand on parle de recherche en santé, il faut que les groupes marginalisés fassent partie de la conversation. » 

Depuis qu’elle s’est jointe au CNJPP, Kelsey a examiné des propositions de recherche et cocréé notre plus récent webinaire sur la mobilisation des connaissances, « Pathways through Partnership: Knowledge Mobilization with Families of Children with Disabilities ».

Kelsey est atteinte d’une hémiplégie spastique, un type de paralysie cérébrale spastique qui affecte les mouvements d’un côté du corps. « Dans mon cas, c’est un manque d’oxygène au cerveau à ma naissance qui a causé l’hémiplégie », dit-elle. Kelsey est née prématurément à 25 semaines et elle a rapidement reçu un diagnostic de paralysie cérébrale. « Mais me voici », confie-t-elle en riant. Ses symptômes comprennent des douleurs musculaires chroniques et de la spasticité (de la rigidité musculaire). Le trouble affecte aussi sa motricité fine. « J’adore jouer avec des blocs LEGO, lance Kelsey, mais je dois souvent prendre des pauses. Les pièces sont tellement petites! »

Interrogée sur la façon dont son état affecte sa vie, Kelsey devient songeuse. « Je n’y pense pas la plupart du temps, dit-elle. C’est ma normalité. » Elle souligne que le principal problème est la façon dont la société perçoit les personnes en situation de handicap. « Les gens me regardent bizarrement parce que je boite », affirme-t-elle. Dans le cadre de ses travaux de doctorante, Kelsey est confrontée à de nombreuses « fausses idées » : « Les gens me demandent : “Comment peux-tu être chercheuse si tu as un handicap?” » 

Des partenaires de recherche ayant de l’expérience vécue se heurtent aussi parfois à ce type d’idées préconçues. « Des gens croient que c’est trop risqué de faire participer des personnes en situation de handicap dans des travaux de recherche, mentionne Kelsey. On nous perçoit comme des personnes vulnérables. » Avec le CNJPP, Kelsey veut combattre ces préjugés et inspirer d’autres personnes à faire entendre leurs points de vue.  

Porte-flambeaux de l'expérience vécue : Rencontrez Sierra Lynne Vanderdeen

Sierra est membre du Comité national des jeunes porte-paroles (CNJPP) depuis septembre 2022. Il croit que, dans le domaine de la recherche en santé, il est essentiel d’écouter les histoires des personnes ayant de l’expérience vécue.

Sierra Lynne Vanderdeen, membre du CNJPP

« Pour moi, l’autonomie sociale, c’est faire part de mes points de vue, dit-il. J’essaie d’expliquer ma situation de façon à ce qu’elle soit comprise par les chercheuses et les chercheurs, et à ce qu’elle leur serve. » 

Sierra, comme plusieurs autres membres du CNJPP, est atteint d’autisme. Le bon diagnostic a été difficile à obtenir pour Sierra : « C’était évident que j’étais neurodivergent, mais il fallait trouver la case dans laquelle j’allais entrer. »

Grâce à la persévérance de ses parents, il a finalement reçu un diagnostic à l’âge de 15 ans. Après avoir déménagé à Montréal pour occuper un nouvel emploi, il a commencé à rencontrer des personnes de son âge qui étaient aussi atteintes d’autisme. L’un de ses nouveaux amis n’était nul autre que le fils de Sharon McCarry, ancienne directrice du Programme d’engagement du Réseau BRILLEnfant. « J’appelle Sharon ma maman de Montréal, dit Sierra en riant. Elle m’a fait connaître le Réseau BRILLEnfant et m’a dit que je me plairais assurément au CNJPP. » 

Depuis qu’il s’est joint à l’équipe, Sierra a agi à titre de conseiller pour des organisations et des organismes sans but lucratif. Il aide également à la planification d’une nouvelle série du CNJPP, qui permettra de répondre aux questions des chercheuses et des chercheurs sur le sujet des jeunes vivant avec des troubles du développement d’origine cérébrale. Sierra est diplômé en journalisme et en communications, et il est emballé d’explorer les possibilités qu’offrent les communications audiovisuelles. « Le format est plus accessible », mentionne-t-il, en faisant remarquer que des personnes ayant des troubles du développement d’origine cérébrale ont de la difficulté à utiliser les formats textes. 

Aujourd’hui, Sierra est fier de parler de son handicap. « J’ai accepté mes traits autistiques, confie-t-il avec le sourire. De cette façon, je peux mieux défendre mes intérêts. Je me rends compte que je peux voir les choses différemment des personnes neurotypiques, et ça a une grande valeur. » 

Porte-flambeaux de l'expérience vécue : Rencontrez Gillian Backlin

Pour Gillian, étudiante en santé publique, l’autonomie sociale, c’est apporter des changements positifs : « Je veux parler au nom des personnes qui vivent des situations semblables à la mienne. »  

Gillian Backlin, membre du CNJPP

Gillian est née atteinte d’une paralysie cérébrale qui se manifeste sous forme de quadriplégie spastique. « J’ai besoin d’un fauteuil roulant et d’aide pour faire les choses du quotidien », dit-elle. Depuis qu’elle est jeune, ses parents l’encouragent à faire valoir ses droits et elle a à cœur de faire entendre la voix des autres : « Nous vivons dans un monde où l’on ne donne pas toujours l’occasion aux personnes comme moi de s’exprimer. » 

Gillian s’est jointe au CNJPP en 2019, après avoir entendu parler du Réseau BRILLEnfant par sa superviseure des activités de bénévolat au Sunny Hill Health Centre, au BC Children’s Hospital. Elle était ravie de découvrir un groupe de personnes qui s’intéressent comme elle à l’autonomie sociale. « Nous avons toutes et tous des expériences vécues et des aptitudes différentes, mentionne-t-elle. C’est très beau à voir! » 

Elle s’implique grandement dans le réseau depuis 2019. En plus de formuler des commentaires sur plusieurs projets de recherche par l’intermédiaire du Service de consultation sur les expériences vécues, Gillian s’est jointe au Comité de mobilisation des connaissances (MC) et au Hub politique du Programme de MC, ainsi qu’au Comité directeur du Réseau BRILLEnfant. En mars dernier, elle a également participé comme panéliste à un webinaire du Hub famille du Programme de MC, intitulé « Pathways through Partnership: Knowledge Mobilization with Families of Children with Disabilities ». À l’heure actuelle, Gillian participe comme partenaire jeunesse en recherche à une étude BRILLEnfant qui porte sur l’analyse des réseaux sociaux et dont l’objectif est de comprendre ces derniers à l’intérieur et à l’extérieur du réseau. 

Vivre avec la paralysie cérébrale présente son lot de difficultés, mais pour Gillian, ce qui est le plus difficile, ce n’est pas le handicap comme tel, c’est la façon dont les gens y réagissent. « La société n’est pas adaptée pour prendre en compte des capacités différentes », dit-elle. Par exemple, son parcours scolaire n’a pas été facile : « Trouver des accommodements n’est pas une mince tâche et si mon prof ne veut pas faire les choses différemment pour un membre de la classe, je suis désavantagée. » 

En dehors de l’école et du CNJPP, Gillian aime écrire, bloguer et passer du temps sur les médias sociaux. Elle a un blogue et un commerce en ligne, « Spastic & Fantastic », où elle fait part de ses expériences pour aider à déstigmatiser les personnes en situation de handicap. 

Porte-flambeaux de l'expérience vécue : Rencontrez Tommy Akinnawonu

Tommy est un étudiant de 1ère année en sciences biomédicales à l’Université métropolitaine de Toronto. À 19 ans, il est le plus jeune membre du CNJPP!

Tommy Akinnawonu, membre du CNJPP

Même s’il fait partie du CNJPP depuis peu de temps, il a déjà participé à plusieurs consultations de groupe pour des projets de recherche en dehors du Réseau BRILLEnfant, notamment un projet qui portait sur des thérapies par exposition à la réalité virtuelle qui sont destinées à des enfants ayant un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH).

Il a également agi à titre de jeune partenaire en recherche pour One Child Every Child, une initiative de recherche qui vise à ce que tous les enfants soient en santé, mieux outillés et épanouis. 

Tommy est Noir et queer, et il est atteint d’un TDAH et d’autisme: « Mon expérience comme personne ayant des troubles de neurodéveloppement est très différente parce que je suis Noir. Et comme je suis queer, c’est encore plus difficile. »

Son petit frère, de qui il prend soin, est aussi atteint d’autisme. Tommy a vu comment les gens réagissent lorsque lui et son frère sont en public ensemble, en particulier lorsqu’ils parlent ou ont des comportements d’autostimulation (mouvements ou bruits répétés, comme un balancement d’avant en arrière ou un fredonnement): « J’ai remarqué des réactions plus cruelles à notre égard. Surtout envers mon frère. »

L’alexithymie, caractérisée par des difficultés à vivre, à reconnaître et à verbaliser des émotions, fait partie des symptômes qui accompagnent l'autisme de Tommy. Le fait de dissimuler ses traits autistiques exacerbe son alexithymie : « Je ne savais pas ce que je voulais, ni ce que je ne voulais pas. Je ne savais pas si les gens me démontraient de l’amour ou un manque de respect. »

C’est en raison de ces expériences que Tommy tient à faire preuve d’ouverture sur son identité: « Pour moi, l’autonomie sociale, c’est ne plus me cacher. Être moi-même, sans complexes, permet à d’autres personnes marginalisées de me voir comme une personne digne de confiance, ce qui signifie que je peux aider à défendre leurs intérêts. » En dehors de ses études et de ses travaux de recherche, il se passionne pour la justice à l’endroit des personnes handicapées et les interventions en cas de crise, et il participe à des activités de sensibilisation à la réduction des méfaits à Toronto.

Tommy souhaite obtenir une mineure en études de la condition des personnes handicapées. Son cours préféré ce trimestre-ci porte sur les interactions tangibles entre l’homme et la machine. Il conçoit un prototype d’outil pour aider les personnes en situation de handicap et ayant des problèmes médicaux d’ordre génétique complexes à mieux comprendre leurs troubles. 

Porte-flambeaux de l'expérience vécue : Rencontrez Claire Dawe-McCord

Claire, étudiante de dernière année en médecine et membre de longue date du CNJPP, défend avec passion la recherche axée sur le patient, qui vise à favoriser le véritable engagement de partenaires ayant de l’expérience vécue à toutes les étapes d’un projet de recherche.

Claire Dawe-McCord, membre du CNJPP

« Je le vois comme un modèle d’affaires, dit-elle. On ne concevrait pas un produit sans demander l’avis des consommateurs, mais des produits découlant de la recherche sont créés sans la participation des utilisateurs finaux. » 

Claire s’est jointe au CNJPP en 2019 pendant qu’elle étudiait à l’Université McMaster pour obtenir un baccalauréat en sciences de la santé.

« J’ai communiqué avec Jan Willem Gorter [cochercheur principal du projet « READYorNot™ Brain-Based Disabilities Project » du Réseau BRILLEnfant] parce que je voulais vraiment travailler avec lui », mentionne-t-elle. Jan l’a encouragée à devenir une jeune partenaire de recherche pour le projet READYorNot™. C’est grâce à ce projet que sa participation au CNJPP a été recommandée.

Depuis, Claire est une jeune partenaire de recherche active du projet READYorNot. Elle a également pris la parole à la conférence 2023 du Réseau BRILLEnfant et elle a contribué à l’orientation d’une étude sur la santé mentale des jeunes pendant la pandémie de COVID-19. Elle a même mené son projet de thèse de premier cycle, qui examinait les transitions du système de soins pédiatriques au système de soins pour adultes, dans le réseau. 

Depuis qu’elle est une jeune partenaire de recherche, Claire n’a plus de doute : les personnes ayant de l’expérience vécue doivent participer aux travaux de recherche dès les premières étapes. « C’est l’avenir des soins de santé, dit-elle. De plus, la participation des personnes en situation de handicap est bénéfique pour elles, car elles voient les choses positives qui ressortent de leurs propres expériences. » 

Claire est atteinte d’un rare trouble neuromusculaire qui affecte son cerveau et le fonctionnement de ses muscles. Toutefois, comme bon nombre de ses collègues du CNJPP, elle a dû attendre de nombreuses années avant de recevoir un diagnostic. « On n’a pas tenu compte de mes symptômes, affirme-t-elle. On m’a dit que j’étais juste anxieuse. » À l’âge de 15 ans, elle a été touchée par le syndrome de défaillance multiviscérale. Finalement, les médecins ont commencé à prendre ses symptômes au sérieux et à lui offrir les soins dont elle avait besoin. Claire est également atteinte d’un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité et de dyscalculie. 

Lorsqu’on lui demande comment ses troubles du développement d’origine cérébrale ont affecté sa vie, Claire devient songeuse. « Je crois être très résiliente et pouvoir m’adapter facilement. Quand je n’ai pas de poussées aiguës, je ne pense pas à mes troubles. » Malgré ses symptômes, elle est incroyablement active. Elle adore le ski et elle envisage de faire de l’escalade de rocher adaptée. « Je cuisine très bien, dit-elle en souriant. Je cuisine beaucoup pour mes amies et amis! » 

Porte-flambeaux de l'expérience vécue : Rencontrez Shafniya Kanagaratnam

Shafniya, diplômée collégiale depuis peu, s’est jointe au CNJPP en 2021 après avoir vu une annonce de recrutement. Elle voulait offrir ses services de jeune bénévole dans le domaine de la recherche sur les troubles du développement d’origine cérébrale (TDC). Le terme « recherche axée sur le patient » (RAP) était nouveau pour elle.

« J’avais 24 ans quand j’ai commencé et je le faisais pour défendre mes intérêts », indique Shafniya.

Deux ans plus tôt, durant ses études de 1er cycle, elle a reçu un diagnostic de trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Le CNJPP lui a permis de mieux comprendre son trouble et de faire part de ses expériences. 

Depuis qu’elle fait partie du CNJPP, Shafniya a participé à des évaluations par les pairs pour des projets du Réseau BRILLEnfant, elle a avisé des groupes clés sur les façons de fournir des mesures d’adaptation aux jeunes participant à la recherche et elle a agi à titre de conseillère pour expliquer l’importance de l’équité, de la diversité et de l’inclusion dans la RAP. 

Aujourd’hui, elle est l’une des jeunes partenaires de recherche du projet BRILLEnfant intitulé « CEE YOU!: Critical Ethical Engagement of YOUth in patient-oriented research », financé par notre Fonds de formation novatrice et dirigé par Sakiko Yamaguchi. 

Shafniya a constaté la valeur de son expérience vécue grâce à sa participation à des travaux de recherche : « J’ai interviewé les jeunes participant à l’étude CEE YOU, dit-elle. Comme j’ai moi aussi un trouble du développement d’origine cérébrale, c’était facile de créer des liens avec eux. » 

Shafniya a aussi remarqué qu’il faut plus de recherche sur les TDC chez les adultes : « D’après ce que j’ai vu, les personnes participant aux activités de recherche sur le TDAH ont généralement 18 ans et moins. Mais les troubles neurodéveloppementaux ne touchent pas que les ados et les enfants. » Au cours des dernières années, elle a rencontré plusieurs enfants de familles immigrantes qui ont reçu comme elle un diagnostic de TDAH à l’âge adulte : « C’est facile de passer entre les mailles du filet. » 

Elle souligne que les personnes aux prises avec un TDAH à l’âge adulte vivent une expérience unique, car elles doivent se débrouiller. « J’ai dû abandonner l’école pendant un bout, se souvient-elle. Je ne pouvais pas travailler. Je n’avais pas les moyens de payer mes médicaments. » 

Shafniya espère voir plus d’études qui portent sur les TDC et les différentes formes d’inégalité auxquelles une personne peut se heurter : « Par exemple, le genre influence la façon dont le dépistage du TDAH est effectué. Je crois qu’il est important d’examiner le cerveau et la santé mentale sous le prisme de l’intersectionnalité. »